Ours polaire

Ours polaire Ursus maritimus (EEP)

ClasseMammifères
OrdreCarnivores
FamilleUrsidés
Taille1,80 m à 2,80 m
Poids♂ 300 à 650 kg, ♀ 150 à 250 kg
Gestation6 à 8 mois
Naissance1 à 4 petits
Longévitéjusqu'à 40 ans en zoo
Alimentation
carnivore (phoques annelés à 90%, morses, belugas, poissons, oiseaux, occasionnellement baies et végétation)

Habitat
côtes en été, banquise en hiver

Répartition
rivages de l’océan arctique circumpolaire


Chez la plupart des mammifères, l’implantation de l’œuf dans l’utérus a lieu aussitôt après la fécondation. Chez l’ours polaire, cette implantation est différée. En effet, peu après sa conception au printemps (les accouplements ayant lieu entre mars et juin), l’embryon entame un stade passif (dit "dormant") où il cesse de se développer pendant plusieurs mois. C'est ce qu'on appelle la diapause embryonnaire qui correspond à une phase d'attente. A l’automne, l’embryon reprend son développement, s’implante dans l’utérus et une vraie gestation peut démarrer.
 
La femelle, qui s'est abritée dans une tanière creusée sous la neige ou dans la tourbe, donne naissance à ses petits (généralement au nombre de 2) au cours de l'hiver. Ceux-ci pèsent moins de 600 g et restent dans la tanière avec leur mère jusqu'au printemps, profitant de son lait riche en graisse. Ils quittent leur abri en compagnie de leur mère vers le mois d'avril et pèsent alors entre 10 et 12 kg.
 
L'ours polaire est un animal solitaire parfaitement adapté à son milieu et notamment aux eaux froides de l'arctique. Il est le seul ours considéré comme un mammifère marin. Excellent nageur et plongeur, il se propulse dans l'eau grâce à ses larges pattes avant, ses pattes postérieures faisant office de gouvernail. De petites bosses appelées papilles dermiques situées sur ses coussinets, de même que les poils situés entre ses orteils et recouvrant une partie de sa voûte plantaire, lui offrent une meilleure adhérence sur la glace. Ses doigts, prolongés de griffes courbes et acérées, lui permettent d’attraper ses proies et de les sortir de l’eau. Son odorat est très développé : il peut sentir une proie à plusieurs kilomètres de distance.
 
L’ours polaire possède une fourrure épaisse et imperméable composée de poils mesurant 12 à 15 cm d’épaisseur (les "jarres") et une couche de sous-poils épais appelée "bourre". Les jarres couvrent tout son corps sauf sa truffe et ses coussinets plantaires. Ces poils translucides et creux emprisonnent l’air, permettant ainsi une bonne isolation et une meilleure flottaison. Enfin, une épaisse couche de graisse augmente la protection contre le froid. Ses oreilles et sa queue sont minuscules pour éviter la déperdition de chaleur. L’ours polaire mue entre les mois de mai et août : son pelage paraît donc davantage blanc en hiver.
 
A la différence des autres espèces d'ours, le régime alimentaire de l'ours polaire est principalement carnivore. L'essentiel de ses proies est constitué par les phoques annelés qu'il chasse à l'embuscade lorsqu'ils viennent respirer à travers les trous de la banquise ou bien directement dans leur tanière (qui abritent les jeunes). Il se nourrit également occasionnellement de carcasses de baleines ou de morses.
 
Le réchauffement climatique représente actuellement le principal danger pour la survie de l'espèce à long terme. Il provoque une fonte de la banquise plus rapide et sur une surface plus grande en été ainsi que sa formation plus tardive en hiver. Or les ours ont besoin de la banquise pour chasser les phoques et faire suffisamment de réserves de graisse avant l'hiver. Un jeûne trop prolongé provoque leur amaigrissement et le manque de graisse entraîne soit une baisse de la lactation des femelles qui ne peuvent plus allaiter leurs petits, soit la naissance de jeunes plus petits qui présentent un taux de mortalité plus élevé.
 
La pollution a également des effets néfastes sur l’ours. Les produits toxiques transportés dans l’air et dans l’eau s’accumulent dans la chaîne alimentaire et se retrouvent en grande quantité dans les phoques, principale source de nourriture des ours blancs, supers prédateurs situés en fin de chaîne alimentaire. La pollution peut également avoir des effets néfastes sur leur système immunitaire ou provoquer des dérèglements hormonaux qui affectent leur reproduction.
 
Enfin le développement de la prospection pétrolière et gazière constitue une autre menace importante pour l'espèce en raison des risques de déversement de pétrole dans l'environnement et de l'augmentation des dérangements et des interactions entre les hommes et les animaux.
 
Pendant des siècles, les braconniers ont tué les ours polaires pour leur fourrure. Aujourd’hui, seuls les Inuits ont le droit de chasser l’ours qu’ils appellent « nanouk ». Des quotas de chasse sont fixés chaque année pour chaque village. La peau est utilisée pour confectionner des vêtements et la viande comme nourriture (à condition de bien la cuire car elle peut être infectée par la trichinose ; le foie, très concentré en vitamine A, peut également être dangereux à consommer). Il existe des permis attribués pour la chasse sportive, mais si la chasse n’aboutit pas à la prise d’un animal, le permis ne peut pas être réattribué.
 




Statut en milieu naturel (Source: IUCN)

  • Non évalué
    NE
  • Données insuffisantes
    DD
  • Préoccupation mineure
    LC
  • Quasi menacé
    NT
  • Vulnérable
    VU
  • En danger
    EN
  •  En danger critique
    CR
  • Eteint à l'état sauvage
    EW
  • Eteint
    EX

Situation dans le parc