Huro relâche son premier couple de gibbons Hoolock

Le 10 février dernier, un couple de gibbons Hoolock (Hoolock hoolock, classé en danger sur la Liste Rouge de l’UICN) réhabilité par l’association Huro a été relâché dans le Parc National de Nokrek. Le programme est soutenu financièrement par le Zoo de La Palmyre depuis 2009.

Détenus illégalement par des particuliers et recueillis par Huro en avril 2009, les deux animaux ont été remis sur pied avant d’être finalement choisis pour être le premier couple remis en liberté en raison des liens particulièrement forts qui les unissent depuis leur plus jeune âge. En effet, l’espèce étant monogame, la solidité du couple qui forme la base de la cellule familiale conditionne en grande partie le succès du relâché.

Avant d’être transférés dans la volière de relâché, Remi et Robinson ont subi de nombreux tests sanitaires (recherche tuberculose, herpès, hépatites, parasites variés…) afin d’éviter la transmission d’éventuels agents pathogènes à des gibbons sauvages dont ils croiseront forcément la route en forêt.

Le choix du site s’est également révélé compliqué. Le Parc National de Nokrek semblait bien adapté mais avait dû être abandonné en 2011 en raison d’une trop grande insécurité liée à l’instabilité politique de la région. L’an dernier, Huro a pu y effectuer un nouveau recensement. Conclusion : le parc abrite seulement une vingtaine de groupes de gibbons alors qu’il pourrait supporter une densité beaucoup plus élevée. En conséquence, la zone, qui regroupe par ailleurs une grande diversité de fruits consommés par les gibbons et offre aujourd’hui des conditions de sécurité bien meilleures, a finalement été sélectionnée pour accueillir le premier relâché, en accord avec les autorités locales. Le 6 février 2016, les deux animaux ont donc été transférés dans une volière temporaire sur le site du relâché.


Le 10 février, la porte de la volière a été ouverte et le mâle est immédiatement sorti, suivi quelques secondes plus tard par la femelle.


Tous deux ont rapidement rejoint la canopée et ont commencé à explorer leur nouvel environnement, suivis par l’équipe de terrain présente quotidiennement en forêt. 48h plus tard, repoussé par une famille de gibbons déjà établie à proximité, le couple s’est éloigné et évolue désormais dans une partie de la forêt à l’écart des autres gibbons.

Bien qu’ayant eu la possibilité de venir chercher de la nourriture auprès de l’équipe présente sur le site du relâché, les deux gibbons s’alimentent de façon autonome quasiment depuis leur sortie de la volière. Aux dernières nouvelles ils vont bien et sont observés régulièrement par l’équipe d’Huro ! Si tout se passe bien, un 2ème couple devrait être relâché à la fin de l’année.
 
F. Perroux