Naissance de pinchés

Notre femelle tamarin pinché (Saguinus oedipus) a récemment donné naissance à des jumeaux. Il s’agit de la première naissance pour ce couple formé il y a un an. Agés de trois semaines, les deux petits se portent bien.

Les tamarins pinchés sont reconnaissables à la crinière de poils blancs qui entoure leur tête. Ils vivent généralement en petits groupes composés de 10 à 15 individus qui consacrent l’essentiel de leur temps à la recherche de nourriture. Celle-ci se compose principalement de fruits, sauf en saison sèche où ils se font plus rares. Les pinchés consomment alors davantage de gomme, de nectar et d’insectes. Ils sont capables de produire une quarantaine de vocalises différentes servant à marquer leur territoire, à signaler la présence de nourriture ou de prédateurs.
 
Chez les ouistitis et les tamarins, l’élevage des jeunes est assuré par l’ensemble des membres du groupe : la mère allaite ses petits mais le père et les autres individus les transportent en dehors des tétées. Une coopération qui offre des avantages : les jeunes « s’entraînent » à leur futur rôle de parent, le mâle renforce son accès privilégié et ses liens avec à la femelle…

La déforestation quasi-totale de l’aire de répartition des tamarins pinchés associée à la collecte de dizaines de milliers de spécimens sauvages à des fins de recherche médicale dans les années 60 ont failli entraîner la disparition complète de l’espèce en Colombie. Ses effectifs sont aujourd’hui estimés à moins de 6000 individus et elle est classée en danger critique sur la Liste Rouge de l’UICN.
 
Depuis la fin des années 80, le Proyecto Titi, soutenu par le Zoo de La Palmyre, mène un vaste programme de conservation multidisciplinaire qui étudie les groupes de pinchés dans la nature, développe des programmes d’éducation des communautés locales et a notamment permis de créer deux aires protégées pour l’espèce.

F. Perroux