Katja, la femelle orang-outan arrivée d’Apenheul en novembre dernier, a été introduite avec succès auprès de notre mâle. Aucune réaction agressive n’a été observée de part et d’autre, mais Katja garde un oeil attentif sur Sandaï dès que celui-ci fait mine de se déplacer.
Le contact est pour l’instant limité, Sandaï paraissant même ignorer sa nouvelle promise. Il faut dire qu’ils avaient eu le temps de se familiariser l’un à l’autre, grâce aux grilles positionnées entre les loges de nuit et à l’une des trappes de sortie.
Il ne reste plus qu’à espérer qu’ils se rapprochent au moment opportun, c’est à dire lorsque Katja sera réceptive. Une naissance viendra peut-être alors grossir les rangs de notre groupe… Parmi les 3 femelles, Katja représente notre meilleure chance de reproduire, Tiba étant déjà âgée de 36 ans. Quant à Molly, elle est stérilisée car hybride.
Une jeune femelle cercopithèque de Hamlyn, arrivée il y a un peu plus d’un mois du zoo d’Edimbourg, vient d’être présentée à notre mâle reproducteur.
L’introduction s’est parfaitement déroulée mais au bout de quelques jours, les deux femelles ont dû être séparées, leur relation s’étant dégradée. Celle qui était présente au zoo depuis quelques années sera donc prochainement transférée à Amsterdam.
Une bonne nouvelle cependant : des accouplements de la nouvelle arrivante avec notre mâle ont déjà été observés et pourraient bien déboucher sur une naissance particulièrement attendue au sein de l’EEP.
Séance de toilettage entre les femelles, avant que la situation ne se dégrade.
Cette espèce ne compte en effet qu’une petite vingtaine d’animaux répartis dans seulement 7 parcs zoologiques européens. Aucune naissance n’a été enregistrée ces dernières années, d’où les transferts en cours qui ont pour objectif de regrouper les individus susceptibles de relancer la reproduction. Mais si les naissances ne suivent pas rapidement, autant dire que le Programme d’Elevage sera condamné à moyen terme.
Les cercopithèques de Hamlyn sont pourtant classés « vulnérables » sur la Liste Rouge de l’UICN, leurs effectifs dans la nature ne cessant de diminuer en raison de la destruction et de la fragmentation de leur habitat et de la chasse.
Au fil des années le même constat s’impose, quelque soit le programme de conservation ou le pays concernés : la plupart des espèces menacées évoluent hors des aires protégées, le plus souvent dans des zones exploitées par l’homme. Leur protection ne peut donc se limiter aux seuls parcs et réserves naturels.
Notre programme « gorilles » au Gabon s’inscrit exactement dans cette problématique et c’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles nous avons choisi de le financer. Il cherche en effet à préserver une population de gorilles des plaines de l’Ouest évoluant dans une forêt de 600,000 hectares exploitée principalement pour son okoumé mais de façon durable, comme en atteste le précieux label FSC obtenu en 2008 par la concession.
Depuis 4 ans, 10 missions ont été menées au coeur de ce site exceptionnel, en partenariat avec son gestionnaire, la compagnie CEB-Precious Wood.
Elles ont permis de mettre en évidence les éléments suivants :
- la population de gorilles au sein de la concession est importante, en témoignent les nombreuses observations directes et indirectes (traces, nids) effectuées sur le terrain ;
- plusieurs groupes de gorilles ainsi que des mâles solitaires fréquentent une clairière située à seulement 45 min de piste depuis la base principale et à 1/2 heure de marche en forêt ensuite, ce qui en fait un « spot » de vision tout à fait exceptionnel (et facilement accessible) ;
- beaucoup d’animaux présentent des malformations de la face ou des dépigmentations ;
- des actes de braconnage sont régulièrement recensés et la consommation de viande de brousse est une pratique très répandue dans les villages alentour ;
- la population locale perçoit le gorille comme un animal agressif et dangereux qu’elle n’hésitera pas à tuer en cas de rencontre inopinée en forêt.
Ces différents constats ont amené Max Hurdebourcq, responsable du programme de conservation, à définir un plan d’action réunissant 3 volets principaux.
Un volet éco-éthologique consacré au suivi et à l’identification des groupes de gorilles, ainsi qu’à l’inventaire des clairières qu’ils fréquentent.
Grâce aux nombreuses missions en forêt de Max Hurdebourcq, les animaux se sont progressivement habitués à sa présence, lui permettant de collecter des informations sur la composition des groupes et leur comportement. Gêné par la végétation particulièrement dense au niveau du sol, l’observateur s’est installé dans un hamac à une vingtaine de mètres de hauteur afin d’identifier plus facilement les gorilles et de limiter leur dérangement.
A la faveur des données récoltées par M. Hurdebourcq, la CEB a accepté fin 2011 de créer une zone de protection autour de la principale clairière fréquentée par les gorilles, friands des plantes aquatiques de la famille des Hydrocharis poussant sur son sol marécageux. Cette trouée est désormais répertoriée sur le plan d’exploitation de la concession, de même que la zone tampon d’une centaine de mètres localisée tout autour, l’ensemble représentant une superficie de 96 hectares. Dans ce périmètre, la CEB promet de n’entreprendre aucune exploitation forestière, confortant ainsi son engagement en faveur de la préservation des gorilles.
Un volet éducatif centré sur la sensibilisation des enfants et des communautés locales à la préservation de leur environnement.
Plusieurs campagnes de sensibilisation auprès des écoliers ont déjà été organisées, utilisant des supports variés : la malle pédagogique « grands singes » créée par Sabrina Krief en collaboration avec le MNHN*, des photos et des vidéos de gorilles (images enregistrées en forêt par M. Hurdebourcq et vidéos tournées au zoo de La Palmyre), des bâches pédagogiques expliquant l’attitude à adopter en cas de rencontre avec les gorilles en forêt. Les bûcherons ont également fait l’objet d’une campagne spécifique et ont eu l’occasion de rencontrer un pisteur gabonais formé au suivi des gorilles qui leur a expliqué son travail et montré l’intérêt qu’il y avait à préserver les grand singes et plus largement, la biodiversité.
Un volet social prévoyant le développement d’une activité d’écotourisme, génératrice de revenus et d’emplois.
La CEB s’est engagée à construire une plateforme en bois en limite de la clairière désormais protégée, qui sera utilisée pour le suivi éco-éthologique des gorilles et les touristes de passage. Le programme prévoit le recrutement et la formation de plusieurs pisteurs, ainsi que la mise en place d’une infrastructure d’accueil pour les visiteurs.
Bien que les avancées soient réelles, il reste encore bien du chemin à parcourir.
Le programme s’est fixé les objectifs suivants pour les deux années à venir :
- création d’une fondation afin de doter le programme d’un cadre administratif et juridique permettant de l’inscrire dans la durée, de lui donner davantage de visibilité et de crédibilité ;
- collaboration avec des instituts de recherche (CIRMF, Institut Max Planck, Université Gembloux) pour des études scientifiques et des campagnes de sensibilisation (risques sanitaires liés à la consommation de viande de brousse) ;
- structuration de l’activité d’écotourisme après les premiers « tests » menés fin 2011 (accueil de 6 visiteurs fin 2011) ;
- développement du programme éducatif (création de nouveaux outils pédagogiques, recrutement d’un éducateur).
Enfin pour conclure, de nouvelles images, toujours exceptionnelles, rapportées du coeur de la forêt de Bambidie…
Bienvenue sur la page Actualités du zoo de La Palmyre.
Vous y trouverez des infos sur les dernières naissances, les actions de conservation, les transferts d’animaux, les interventions du vétérinaire… Bref, sur ce qui fait le quotidien du parc. Bonne visite !
Les grands singes en réalité augmentée
Conservation
Campagne EAZA 2011 :
Protégeons les grands singes !