Archive for Conservation

07 fév 2013

Des nouvelles des manchots du Cap

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Début janvier, la colonie de manchot du Cap du zoo a accueilli un nouveau poussin. Mais, et le fait est suffisamment rare pour être signalé, celui-ci n’a pas éclos dans l’un des terriers abritant généralement les pontes des adultes, mais dans une légère excavation située à l’air libre.

La météo n’ayant pas été des plus favorables en ce début d’année, le nid a été protégé des intempéries avec un contreplaqué afin d’éviter tout risque d’inondation du trou. Le poussin, désormais âgé d’un mois, est en bonne forme et grandit à vue d’oeil.

Le nid protégé par un contreplaqué

Du côté de l’Afrique du Sud, qui abrite l’essentiel de la population sauvage de manchots du Cap, la SANCCOB (Fondation Sud-Africaine de Conservation des Oiseaux Côtiers) poursuit son travail de conservation avec toujours autant d’énergie et beaucoup de dévouement.

Depuis novembre 2012, 332 poussins ont été récupérés dans les colonies après avoir été abandonnés par leurs parents, entrés en mue. 88 d’entre eux sont malheureusement décédés après quelques jours ou quelques semaines, leur situation sanitaire à leur arrivée au centre étant déjà trop dégradée, mais 17 ont relâchés. 227 jeunes font encore l’objet de soins au centre de réhabilitation et devraient à leur tour être relâchés dans les semaines et mois à venir.

Un poussin en soin au centre de réhabilitation de la SANCCOB

Au cours de l’année 2012, 6 émetteurs ont à nouveau été déployés sur des jeunes afin de suivre leurs déplacements en mer : trois d’entre eux ont été équipés avant leur dispersion de la colonie, les trois autres ont été élevés à la main par la SANCCOB et équipés d’émetteurs avant d’être relâchés.
En 2011, les 5 manchots qui avaient fait l’objet d’un suivi par satellite avaient parcouru une distance moyenne de 1023 km depuis leur point de départ et 3 individus sont remontés jusqu’aux côtes namibiennes. En 2012, la moyenne était de 734 km et un seul manchot sur les 6 a atteint la Namibie. Après comparaison des données, la différence de distance parcourue entre les poussins élevés à la main et les poussins sauvages n’est pas significative.
L’objectif est évidemment de poursuivre ce suivi satellite afin de définir les aires d’alimentation importantes et les stratégies de dispersion des jeunes manchots dans les premiers mois qui suivent leur départ de la colonie. En 2013, des émetteurs devraient être déployés simultanément sur des jeunes issus des 7 colonies les plus grandes (regroupant plus de 800 couples) afin de comparer leurs déplacements en fonction de leur lieu d’origine.

Le Zoo de La Palmyre continue d’apporter son soutien financier à ce programme. Rappelons que l’espèce est classé « en danger » sur la Liste Rouge de l’UICN et que ses effectifs ne cessent de décroître à cause de la pénurie des ressources alimentaires, de la pollution pétrolière et de la pression humaine grandissante à proximité de leurs zones de nidification.


La colonie de manchots du Cap par zoo_palmyre

14 jan 2013

Programme gorilles au Gabon : faire de l’éducation à l’environnementale une priorité

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La 7ème mission du Bambidie Gorilla Project (BGP) s’est achevée à la fin du mois d’août 2012.

Les actions de conservation en faveur des gorilles évoluant dans la concession CEB-Precious Wood s’y poursuivent, malgré des conditions parfois difficiles sur le terrain.

Elle s’est déroulée en trois temps :
- le lancement d’une campagne d’éducation environnementale en partenariat avec l’Institut Jane Goodall Gabon,
- la reprise des explorations afin de localiser de nouvelles clairières et de confirmer la présence régulière de gorilles sur certains sites,
- la poursuite des observations des groupes de gorilles dans la grande clairière découverte en 2010 et désormais protégée.

Afin de renforcer leurs compétences et de développer un programme d’éducation environnementale à destination des villages de la concession, Max Hurdebourcq (Directeur du BGP) et Guy-Albert Moubamongoye (instituteur au village de Lélama), ont mis en place une nouvelle méthodologie d’éducation à l’environnement, grâce au soutien de l’Institut Jane Goodall Gabon qui dispose d’une vraie expertise dans la formation des enseignants et des animateurs. Guy-Albert, qui avait déjà utilisé la malle « Grands Singes » développée par le Muséum national d’Histoire naturelle lors d’une précédente campagne de sensibilisation, a ainsi pu compléter et mettre en pratique ses connaissances lors de 6 interventions organisées dans des villages de la concession. Ces séances, réalisées à Lélama, Bambidie, Nzondé, Baposso, Ndambie et Ndékabalandji ont permis de sensibiliser plus de 420 villageois, dont 302 écoliers. Les intervenants ont abordé la conservation des gorilles en quatre étapes :
- qui sont les grands singes ? (classification)
- la vie sociale des gorilles
- le rôle des gorilles (jardiniers de la forêt)
- les gorilles, espèce protégée.

Le responsable Faune et Chasse de la concession CEB-Precious Wood a participé à plusieurs séances de sensibilisation afin d’informer les villageois sur le Code Forestier gabonais et notamment sur le statut légal des grands singes, espèces intégralement protégées par la loi. Ses interventions auprès des adultes ont été pertinentes, beaucoup d’entre eux n’ayant aucune connaissance de la règlementation en vigueur pour ces espèces. Le volet « chasse et réglementation gabonaise » devrait être développé lors de la prochaine campagne de sensibilisation.

Deux survols de la concession à bord d’un petit avion Cesna ont permis de repérer quatre nouvelles clairières. Deux d’entre elles ont été explorées pendant plusieurs jours mais en l’absence d’Hydrocharis, plantes aquatiques particulièrement appréciées des gorilles, les indices de présence se sont révélés peu nombreux.

En revanche, l’exploration des environs de l’ancien camp CEB situé à Milolé a révélé un certain nombre d’indices (traces, crottes, restes de marantacées consommées) prouvant la présence de gorilles à cet endroit. Une autre mission d’exploration devrait être effectuée prochainement pour confirmer la fréquentation régulière de cette zone.

Les observations depuis la plateforme suspendue installée en limite de la grande clairière ont été particulièrement difficiles cette année en raison de mauvaises conditions météorologiques. De fortes pluies ont en effet quasiment inondé la clairière, la rendant très difficile d’accès pour les gorilles. Max a donc constaté une importante chute de fréquentation par rapport à la même période en 2011 puisque sur 38 jours d’affût, seuls 9 contacts visuels avec des gorilles ont été comptabilisés. La bonne nouvelle est venue de l’observation d’un groupe d’une dizaine d’individus, déjà aperçu par Max lors de missions précédentes, et dans lequel il a pu recenser deux nouveau-nés ! Ces naissances récentes sont donc plus qu’encourageantes.

A l’initiative de Nicolas Dubard, responsable inventaire forestier de la CEB, la zone tampon autour de la grande clairière, appelée « Zone de Protection des Gorilles », a été matérialisée afin qu’elle soit clairement identifiable. Sur un layon d’environ 3 mètres de largeur, les arbres ont été marqués à la peinture rouge tous les 20 mètres. Des panneaux « chasse interdite » ont également été positionnés aux limites de cette zone tampon, le long de la piste principale.

Côté communication, Yves Laurent Goma, correspondant permanent de RFI à Libreville, a accompagné Max Hurdebourcq en forêt à la rencontre des gorilles. Son reportage, diffusé dans l’émission « C’est pas du vent » d’Anne-Cécile Bras, peut être écouté ici :
http://www.rfi.fr/emission/20120729-2-gabon-gorilles-peuvent-ils-cohabiter-homme

Deux pièges vidéo installés sur différents points de passage ont permis d’enregistrer de nouvelles images exceptionnelles de gorilles sauvages. Les voici en exclusivité :


Les gorilles de Bambidie Part VII par zoo_palmyre


Les gorilles de Bambidie Part VIII par zoo_palmyre

La 8ème mission sur place vient tout juste de démarrer. Elle se concentre sur la poursuite du programme d’éducation à l’environnement dans l’ensemble des villages bordant la concession, ainsi que sur l’exploration des clairières identifiées lors de la mission précédente.

Il est toutefois à noter que malgré les efforts menés sur place depuis la mise en place du programme de conservation, la chasse illégale continue de sévir dans la région. Un éléphant abattu par des braconniers a été découvert par l’équipe d’inventaire de la concession. Les chasseurs n’avaient pas eu le temps d’emporter les défenses de l’animal, se contentant de la queue et d’un bout de trompe. L’équipe de la CEB, accompagnée de Max, a réussi à extraire une défense mais la seconde, nécessitant un matériel plus adapté, a malheureusement été volée par les braconniers avant le retour de l’équipe.

18 déc 2012

Un engagement fort pour la conservation des gorilles

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Le Zoo de La Palmyre poursuit plus que jamais son action en faveur de la conservation des gorilles dans le milieu naturel puisqu’en 2012, il a participé au financement de programmes de protection concernant les quatre sous-espèces recensées.

Il a tout d’abord reconduit sa subvention pour la conservation des gorilles de la rivière Cross (Gorilla gorilla diehli), la sous-espèce la plus menacée avec moins de 300 individus comptabilisés, en finançant le programme géré par WCS au Cameroun et au Nigeria.

Il a également renouvelé son soutien à son programme phare, « Les Gorilles de Bambidie », qui vise à protéger les gorilles des plaines de l’Ouest (Gorilla gorilla gorilla) évoluant au sein d’une concession forestière à gestion durable au Gabon.

Le zoo a aussi réalisé 5 bâches de sensibilisation pour le Club des Amis des Gorilles de la forêt d’Ebo au Cameroun, sur le modèle de celles élaborées pour son programme au Gabon. Ces bâches ont été remises aux responsables du Club et seront installées dans les villages bordant la forêt d’Ebo. Elles expliquent le comportement à adopter si l’on se trouve confronté à des gorilles en forêt.

Enfin le Parc des Virunga, qui abrite les gorilles de montagne (Gorilla beringei beringei) et les gorilles de Grauer (Gorilla beringei graueri) a également reçu une subvention de la part du zoo. Depuis le début de l’année, l’instabilité sévit de nouveau dans l’Est de la république Démocratique du Congo. Des conflits opposant des milices lourdement armées aux militaires congolais ont contraint le Parc des Virunga à fermer ses portes aux touristes venant visiter les groupes de gorilles habitués. Des centaines de milliers de personnes ont fui les combats dans la région du Nord Kivu et deux rangers du parc ont été tués durant des affrontements avec les milices M23. La situation reste extrêmement tendue et il était important d’apporter notre soutien à l’équipe du Parc afin qu’elle puisse poursuivre ses actions de conservation et de développement sur place.

Les gorilles figurent en annexe I de la CITES qui en interdit tout commerce international à des fins commerciales. Les quatre sous-espèces sont inscrites sur la Liste Rouge de l’IUCN, en raison du risque élevé d’extinction dans la nature : un risque très élevé pour le gorille des plaines de l’Ouest, classé dans la catégorie « en danger » et un risque extrêmement élevé pour les 3 autres sous-espèces qui sont classées dans la catégorie « en danger critique ».

Les menaces qui compromettent la survie à long terme des gorilles sont toutes liées aux activités humaines. La destruction et la fragmentation de leur habitat, le braconnage pour leur viande ou le commerce illicite des jeunes, les conflits armés liés à l’exploitation illégale des ressources naturelles fragilisent l’écosystème naturel des gorilles et favorisent une plus grande proximité avec les humains, ce qui peut avoir des conséquences dramatiques en facilitant la transmission de maladies potentiellement mortelles pour ces animaux sensibles aux mêmes germes que nous étant donné notre parenté.

Les initiatives en faveur de leur protection se multiplient et prennent des formes différentes : éco-tourisme, surveillance et interventions vétérinaires, création de zones protégées, lutte anti-braconnage… Toutes ont cependant un point commun : l’implication des populations locales à travers des programmes d’éducation environnementale et de développement durable. La participation des communautés vivant à proximité des gorilles demeure en effet la clé du succès en matière de conservation.

Bambidie Gorilla Project, Gabon