Archive for Conservation

13 mar 2012

Programme gorilles au Gabon : un pas de plus vers la préservation

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Au fil des années le même constat s’impose, quelque soit le programme de conservation ou le pays concernés : la plupart des espèces menacées évoluent hors des aires protégées, le plus souvent dans des zones exploitées par l’homme. Leur protection ne peut donc se limiter aux seuls parcs et réserves naturels.

Notre programme « gorilles » au Gabon s’inscrit exactement dans cette problématique et c’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles nous avons choisi de le financer. Il cherche en effet à préserver une population de gorilles des plaines de l’Ouest évoluant dans une forêt de 600,000 hectares exploitée principalement pour son okoumé mais de façon durable, comme en atteste le précieux label FSC obtenu en 2008 par la concession.

Depuis 4 ans, 10 missions ont été menées au coeur de ce site exceptionnel, en partenariat avec son gestionnaire, la compagnie CEB-Precious Wood.
Elles ont permis de mettre en évidence les éléments suivants :
- la population de gorilles au sein de la concession est importante, en témoignent les nombreuses observations directes et indirectes (traces, nids) effectuées sur le terrain ;
- plusieurs groupes de gorilles ainsi que des mâles solitaires fréquentent une clairière située à seulement 45 min de piste depuis la base principale et à 1/2 heure de marche en forêt ensuite, ce qui en fait un « spot » de vision tout à fait exceptionnel (et facilement accessible) ;
- beaucoup d’animaux présentent des malformations de la face ou des dépigmentations ;
- des actes de braconnage sont régulièrement recensés et la consommation de viande de brousse est une pratique très répandue dans les villages alentour ;
- la population locale perçoit le gorille comme un animal agressif et dangereux qu’elle n’hésitera pas à tuer en cas de rencontre inopinée en forêt.

Ces différents constats ont amené Max Hurdebourcq, responsable du programme de conservation, à définir un plan d’action réunissant 3 volets principaux.

Un volet éco-éthologique consacré au suivi et à l’identification des groupes de gorilles, ainsi qu’à l’inventaire des clairières qu’ils fréquentent.
Grâce aux nombreuses missions en forêt de Max Hurdebourcq, les animaux se sont progressivement habitués à sa présence, lui permettant de collecter des informations sur la composition des groupes et leur comportement. Gêné par la végétation particulièrement dense au niveau du sol, l’observateur s’est installé dans un hamac à une vingtaine de mètres de hauteur afin d’identifier plus facilement les gorilles et de limiter leur dérangement.
A la faveur des données récoltées par M. Hurdebourcq, la CEB a accepté fin 2011 de créer une zone de protection autour de la principale clairière fréquentée par les gorilles, friands des plantes aquatiques de la famille des Hydrocharis poussant sur son sol marécageux. Cette trouée est désormais répertoriée sur le plan d’exploitation de la concession, de même que la zone tampon d’une centaine de mètres localisée tout autour, l’ensemble représentant une superficie de 96 hectares. Dans ce périmètre, la CEB promet de n’entreprendre aucune exploitation forestière, confortant ainsi son engagement en faveur de la préservation des gorilles.

Un volet éducatif centré sur la sensibilisation des enfants et des communautés locales à la préservation de leur environnement.
Plusieurs campagnes de sensibilisation auprès des écoliers ont déjà été organisées, utilisant des supports variés : la malle pédagogique « grands singes » créée par Sabrina Krief en collaboration avec le MNHN*, des photos et des vidéos de gorilles (images enregistrées en forêt par M. Hurdebourcq et vidéos tournées au zoo de La Palmyre), des bâches pédagogiques expliquant l’attitude à adopter en cas de rencontre avec les gorilles en forêt. Les bûcherons ont également fait l’objet d’une campagne spécifique et ont eu l’occasion de rencontrer un pisteur gabonais formé au suivi des gorilles qui leur a expliqué son travail et montré l’intérêt qu’il y avait à préserver les grand singes et plus largement, la biodiversité.

Un volet social prévoyant le développement d’une activité d’écotourisme, génératrice de revenus et d’emplois.
La CEB s’est engagée à construire une plateforme en bois en limite de la clairière désormais protégée, qui sera utilisée pour le suivi éco-éthologique des gorilles et les touristes de passage. Le programme prévoit le recrutement et la formation de plusieurs pisteurs, ainsi que la mise en place d’une infrastructure d’accueil pour les visiteurs.

Bien que les avancées soient réelles, il reste encore bien du chemin à parcourir.
Le programme s’est fixé les objectifs suivants pour les deux années à venir :
- création d’une fondation afin de doter le programme d’un cadre administratif et juridique permettant de l’inscrire dans la durée, de lui donner davantage de visibilité et de crédibilité ;
- collaboration avec des instituts de recherche (CIRMF, Institut Max Planck, Université Gembloux) pour des études scientifiques et des campagnes de sensibilisation (risques sanitaires liés à la consommation de viande de brousse) ;
- structuration de l’activité d’écotourisme après les premiers « tests » menés fin 2011 (accueil de 6 visiteurs fin 2011) ;
- développement du programme éducatif (création de nouveaux outils pédagogiques, recrutement d’un éducateur).

Enfin pour conclure, de nouvelles images, toujours exceptionnelles, rapportées du coeur de la forêt de Bambidie…

Les gorilles de Bambidie Part VI par zoo_palmyre

* Muséum National d’Histoire Naturelle

27 fév 2012

Des plumes pour sauver les calaos du Burkina Faso

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Dans le village de Boni, au Burkina Faso, le calao terrestre (Bucorvus abyssinicus) est un oiseau particulièrement convoité. Les plumes blanches de ses ailes servent en effet à décorer les masques utilisés par la communauté Bwa lors de ses cérémonies et danses rituelles.

Pour réaliser une seule parure, plus d’une centaine de plumes sont nécessaires, portant ainsi la valeur du masque à près de 200 euros. Autant dire que dans la région, l’oiseau se fait de plus en plus rare, victime d’un braconnage croissant.

Afin de permettre aux villageois de maintenir leur tradition tout en protégeant les calaos terrestres, le Parc des Oiseaux de Villars les Dombes, en partenariat avec l’association « Graines du Sahel », a mis en place une collecte de plumes auprès des zoos européens présentant cet animal (Bucorvus abyssinicus et Bucorvus leadbeateri).

Une fois rassemblées, les plumes sont nettoyées puis congelées plusieurs jours afin d’éliminer le moindre parasite et favoriser une meilleure conservation. Elles sont ensuite acheminées vers le Burkina Faso.

Plus de 40 zoos ont répondu à l’appel lancé par le Parc des Oiseaux. 23 établissements ont commencé à envoyer des plumes, ce qui représente pour l’instant un total de 300 plumes blanches collectées (dont une quarantaine fournie par le zoo de La Palmyre !). Les deux tiers d’entre elles, soit 200 plumes, ont déjà été remises au village de Boni, comme le montrent les images ci-dessous.

Une initiative originale qui méritait d’être soulignée.

03 oct 2011

Soutenez le projet « Titi » !

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Depuis l’année dernière, le zoo de La Palmyre est membre du Club de Conservation des Tamarins Pinchés, appelé également « Projet Titi », qui s’emploie depuis près de 25 ans à sauvegarder ce primate endémique à la Colombie, désormais en danger critique d’extinction.

Reconnaissable à la crinière de poils blancs qui recouvre sa tête et ses épaules, le tamarin pinché est victime de la destruction de son habitat. Il est également chassé pour être vendu comme animal de compagnie. Seules quelques aires protégées au nord-ouest de la Colombie abritent encore cette espèce dont les effectifs ont décliné de plus de 80% au cours des 50 dernières années.

Le « Projet Titi » vient de publier une courte vidéo illustrant les actions menées sur le terrain et destinées à enrayer le dramatique effondrement de l’espèce. Les acteurs du programme (directeur, coordinateur, biologistes, éducateurs) y évoquent les menaces qui pèsent sur les pinchés et les stratégies qu’ils ont développées afin d’inciter les communautés locales à s’impliquer dans la protection du petit singe, en leur permettant notamment de tirer un bénéfice direct des activités de conservation. Le projet « Titi », un modèle en terme de préservation in situ des espèces animales en danger, à voir absolument !

Proyecto Titi Video- English Subtitles from Federico Pardo Caicedo on Vimeo.

Si vous aussi vous souhaitez contribuer à la protection des tamarins pinchés, rendez-vous sur le site www.proyectotiti.com. Dans l’onglet « Buy your Echo-Mochila Now », vous avez la possibilité d’acheter différents produits (peluches, savons, sacs en plastique recyclé) fabriqués par les villageois vivant à proximité des forêts où évoluent les pinchés, ou bien de faire un don en ligne.