26 jan 2010

Soutien aux gorilles de la rivière Cross

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affiche année du gorilleLes 13 000 euros récoltés l’été dernier par le zoo de La Palmyre sur son stand consacré à « l’Année du gorille » ont été versés au programme en charge de la conservation des gorilles de la rivière Cross.

Avec moins de 300 individus recensés, le gorille de la rivière Cross (Gorilla gorilla diehli) cumule en effet les tristes records : classé « en danger critique d’extinction » sur la Liste Rouge de l’UICN (il s’agit de la catégorie la plus élevée, juste en dessous du statut « éteint dans la nature »), il est le grand singe le plus menacé d’Afrique et à ce titre, fait partie des 25 espèces de primates les plus menacées au monde.

gorille Cross1

Cette sous-espèce de gorille occidental se rencontre sur le bassin versant de la rivière Cross, dans une zone montagneuse d’environ 12000 km2 chevauchant la frontière entre le Cameroun et le Nigeria. Elle est la seule à occuper une position aussi septentrionale mais aussi occidentale sur le continent : cela signifie qu’on ne trouve plus de gorilles au nord et à l’ouest de cette zone.

La raréfaction de cette population spécifique s’explique par la perte progressive de son habitat et par l’intensification du braconnage. La région de la rivière Cross étant fortement peuplée, la forêt laisse peu à peu place aux terres agricoles et aux pâturages, tandis que d’autres zones sont défrichées pour l’exploitation du bois. La pression anthropique croissante perturbe le quotidien des gorilles et la destruction de leur habitat isole les groupes les uns des autres, rendant les migrations et les échanges presque impossibles.

Par ailleurs, la construction de routes pour faciliter l’extraction des grumes ou désenclaver les villages reculés a facilité les incursions en forêt des braconniers. La chasse intensive a entraîné une chute brutale des effectifs de gorilles. Ils ne survivent plus aujourd’hui que dans des zones escarpées et très difficiles d’accès. Leur adaptabilité à ce terrain difficile et l’impénétrabilité de la région, ainsi que certains tabous concernant la consommation ou la vente de leur viande assurent pour l’instant la survie des 300 individus recensés, mais jusqu’à quand ?

Aujourd’hui la population globale de gorilles de la rivière Cross se répartit sur 11 parcelles de forêts distinctes. 7 d’entre elles vivent au sein de sanctuaires ou de réserves et bénéficient donc d’un minimum de protection. Les quatre autres sites (montagnes Mbe au Nigeria, collines de Mowanbi, forêts de Mbulu-Mone et de Bechati Fossimondi au Cameroun) font l’objet d’une protection communautaire qui nécessite d’être renforcée. Les fonds collectés par La Palmyre sont exclusivement destinés à cet usage.

Le programme au Nigeria

Sa zone d’action se situe au coeur des montagnes Mbe, situées à mi-chemin entre deux réserves officielles, le Parc National de la rivière Cross à l’est et le sanctuaire pour la faune sauvage de la montagne d’Afi à l’ouest. Cette région abrite une population d’une trentaine de gorilles, cernée par 9 communautés regroupant près de 12000 personnes. Depuis 2005, 9 éco-gardes issus des villages environnants sont chargés de collecter des données sur les gorilles et d’organiser des patrouilles anti-braconnage. Bien que Mbe soit un sanctuaire communautaire, son statut légal n’est pas encore avéré, ce qui rend la tâche des éco-gardes bien compliquée : les contrevenants prétendent en effet ignorer qu’ils se trouvent dans une zone protégée.

gorille Cross3

WCS, qui gère la conservation des gorilles de la rivière Cross depuis 2001, souhaite donc faciliter le travail de terrain, d’une part en matérialisant officiellement la zone de protection (les auteurs d’activités illégales ne pourront plus ignorer la limite du sanctuaire), d’autre part en construisant un second camp de recherche et en généralisant l’utilisation d’un système de localisation par satellite qui permettra d’améliorer le suivi des gorilles. WCS espère également définir un plan de gestion pour le sanctuaire, en collaboration avec les communautés locales. Celui-ci précisera les conditions d’accès au site et la réglementation qui s’y applique.

Le programme au Cameroun

Le Cameroun abrite la plupart des derniers gorilles de la rivière Cross. La majorité d’entre eux évolue en dehors de toute aire protégée mais il paraît difficile d’obtenir la création de nouvelles réserves faute de ressources suffisantes et de volonté politique. L’avenir des gorilles dans ces différents secteurs ne peut être assuré qu’en renforçant l’implication des populations riveraines. Un réseau de protection et de surveillance communautaire a donc été mis en place l’année dernière par WCS. Il emploie plusieurs « gardiens » qui ont pour mission de promouvoir la conservation des gorilles, de collecter des informations sur les groupes évoluant dans la région et de faire respecter les lois concernant la faune sauvage auprès des autorités traditionnelles de 6 communautés villageoises. Chacune revendique en effet les droits de propriété des zones forestières abritant les gorilles. La chasse pour le commerce de viande de brousse est une pratique courante et largement répandue qu’il conviendrait d’éradiquer. L’expansion de l’agriculture, les feux de forêt, la construction de routes menacent également directement l’intégrité de l’habitat des gorilles. Le rôle des 6 « gardiens des gorilles » est ici fondamental : issus des communautés concernées par cette problématique, ils sont les mieux placés pour sensibiliser leurs compatriotes à préserver leur écosystème et obtenir des chasseurs qu’ils cessent leur activité, en contrepartie d’une aide au développement rural durable.

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Les moyens mis en œuvre sauveront-ils les derniers gorilles de la rivière Cross ? Seul l’avenir le dira. En attendant, le travail se poursuit et les actions vont se multiplier grâce aux fonds versés par nos visiteurs.

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