Naissance rare d’un lémur aux yeux turquoise

Le 9 avril dernier, notre femelle lémur aux yeux turquoise (Eulemur flavifrons) a donné naissance à un petit qui a été transporté à la nursery du parc en raison de son poids jugé insuffisant. L’EEP de cette espèce comptant à peine une trentaine d’individus, chaque naissance est importante, aussi tout est fait pour assurer l’élevage du jeune en cas de doute sur son état de santé ou sur les capacités de sa mère à bien s’en occuper.
 
Depuis un mois, l’équipe de la nursery se relaie donc auprès du nouveau-né au rythme des biberons qui se succèdent toutes les 2h entre 8h et 21h. La petite femelle, prénommée Ikopa, goûte également aux fruits (pomme, poire, kiwi) et aux légumes (salade, concombre) depuis une quinzaine de jours. Ses parents et son frère aîné né en 2015 ont été transférés dans une cage adjacente de façon à maintenir un contact visuel et sonore entre les individus. Une procédure qui facilite en principe la réintroduction du jeune au sein de son groupe familial une fois le sevrage effectué. Quant aux soigneurs, ils ne sont en contact avec le bébé qu’au moment des repas ou lorsqu’il faut nettoyer la couveuse, le phénomène d’imprégnation étant le pire ennemi des animaux élevés en nursery.

Actif le jour et la nuit, le lémur aux yeux turquoise vit en groupe multimâle/multifemelle pouvant compter jusqu’à une dizaine d’individus. Il se nourrit principalement de fruits et de feuilles. Comme chez beaucoup d’autres espèces de lémuriens, les femelles dominent les mâles.

 
Victime de la fragmentation de son habitat et du braconnage, il est classé en danger critique d’extinction sur la Liste Rouge de l’UICN. L’AEECL, soutenue depuis 2002 par le Zoo de la Palmyre, développe un programme de conservation dans l’aire de répartition de l’espèce à Sahamalaza (nord-ouest de Madagascar), où des éco-gardes protègent la forêt des feux et des incursions illégales, la zone étant classée parc national depuis 2007. L’AEECL y soutient aussi l’éducation des enfants ainsi que le développement durable des communautés.
 
F. Perroux