Le Zoo de La Palmyre renforce son soutien en faveur de la conservation des gorilles

Parmi les animaux emblématiques du zoo, le gorille occupe sans nul doute un statut singulier. Son physique imposant et ses intimidations parfois spectaculaires méprennent souvent le néophyte sur sa nature véritable. En réalité, le gorille dissimule une personnalité paisible qui séduit la plupart de ceux qui prennent le temps de l’observer.
 
Présente au parc depuis le milieu des années 70, l’espèce y a acquis une place privilégiée. D’abord auprès du fondateur Claude Caillé qui a longtemps entretenu une relation forte avec ses gorilles et leur rendait régulièrement visite dans leur enclos. Puis sur les affiches grand format du zoo où le portrait de Mike a longtemps été exposé, coïncidant avec l’ouverture de l’Espace Grands Singes en 2009.
 
C’est donc aussi tout naturellement que depuis plusieurs années le zoo s’investit dans la conservation in situ de cette animal en soutenant des programmes de préservation dans son aire de répartition en Afrique. Depuis peu, il est aussi l’un des rares parcs zoologiques à financer la protection des quatre sous-espèces aujourd’hui recensées : le gorille des plaines de l’ouest, le gorille de la rivière Cross, le gorille de montagne et le gorille de Grauer.
 
Gros plan sur les quatre programmes aujourd’hui financés par le zoo :

le gorille des plaines de l’ouest
Le zoo finance le Programme de Recherche de la Forêt d’Ebo (Ebo Forest Research Program) depuis 2013. Il vise à préserver une toute petite population de gorilles (composée de moins d’une trentaine d’individus) et son habitat qui abrite une biodiversité remarquable dont plusieurs espèces endémiques et notamment plus d’une dizaine de primates rares (chimpanzé, drill, colobe bai de Preuss…). La sensibilisation et l’éducation des communautés locales constituent la clé de voûte du « Club des Amis des Gorilles » qui développe des programmes d’éducation environnementale, organise des compétitions sportives et travaille aux côtés des villageois pour réduire leur dépendance à la chasse et au commerce de la viande de brousse.

le gorille de la rivière Cross
C’est la sous-espèce la plus menacée avec moins de 300 individus recensés. Le zoo finance depuis 2009 un programme de conservation développé par la Wildlife Conservation Society dans les montagnes Mbe situées au Nigeria. Des éco-gardes patrouillent dans la forêt afin de détruire les pièges posés par les braconniers ainsi que leurs camps de chasse. Ils assurent également un suivi des animaux grâce à la pose de pièges-photos : les gorilles de la rivière Cross ne font en effet que rarement l’objet d’observations directes, le terrain où ils évoluent étant particulièrement accidenté et difficile d’accès.

le gorille de montagne
C’est l’un des deux nouveaux programmes soutenus par le zoo. Répartie sur 3 pays (la RDC, le Rwanda et l’Ouganda), cette sous-espèce compte un peu plus de 880 individus et fait l’objet d’études extrêmement poussées démarrées à la fin des années 60 par la primatologue Dian Fossey. Le zoo a choisi de financer la conservation des gorilles de montagne dans le Parc National des Virunga en République Démocratique du Congo qui avait dû suspendre ses activités de conservation pendant plusieurs années en raison de l’insécurité importante qui régnait dans la région. La situation s’est améliorée mais le tourisme aux gorilles reste moins développé que dans les deux pays voisins, aussi ne génère-t-il pas les mêmes revenus. Le Parc National des Virunga est pourtant le plus ancien parc naturel d’Afrique. Il possède la biodiversité la plus riche de tout le continent africain dont ¼ de la population totale de gorilles de montagne. Il emploie 360 rangers qui suivent quotidiennement les animaux et protègent le parc de l’incursion des braconniers et des miliciens armés. Plus d’une centaine d’entre eux ont malheureusement déjà payé de leur vie la préservation de ce patrimoine exceptionnel. Le parc national mise également sur le développement économique et communautaire : fourniture de briquettes en remplacement du charbon de bois, création de centrales hydro-électriques permettant d’apporter l’électricité dans les communes bordant le parc, construction d’infrastructures, d’écoles et de centres de soins…

le gorille de Grauer
C’est l’autre programme pour lequel le zoo vient de démarrer un financement. Une étude publiée en avril 2016 a fait état du déclin dramatique de cette sous-espèce : ses effectifs sont estimés aujourd’hui à moins de 3800 individus, répartis en quatre populations distinctes à l’est de la RDC. Le zoo s’est engagé auprès du Parc National de Kahuzi-Biega qui abrite l’une des populations de gorilles de Grauer les plus importantes mais qui a également été gravement impacté par les deux guerres civiles successives ayant ravagé le pays entre 1996 et 2003. Les fonds transférés permettront notamment de soutenir les activités de suivi des groupes de gorilles et de développer des sentiers pédagogiques au sein du parc.

Désormais les 4 sous-espèces de gorilles sont classées « en danger critique » d’extinction par l’UICN. Le gorille de Grauer est le dernier en date à être déclassé vers cette catégorie, ayant subi un effondrement de 70% de ses effectifs au cours des 20 dernières années.
Préserver à long terme toutes ces sous-espèces nécessite des moyens conséquents, d’où la décision du zoo de s’impliquer encore davantage aux côtés de ceux qui agissent au quotidien pour assurer l’avenir de cet animal remarquable et si attachant.
 
Florence Perroux.