Le repas des crocodiliens

Beaucoup de nos visiteurs traversent le vivarium sans jamais voir nos crocodiliens se déplacer, ni même cligner des paupières, sauf lorsque vient le moment de s’alimenter. Cette paresse apparente est une conséquence directe de leur métabolisme très particulier. Dans la nature, les crocodiliens chassent à l’affût : en attendant qu’une proie passe à leur portée au lieu de la chercher activement, ils économisent leur énergie. Une énergie dont ils ont grand besoin pour maintenir la température de leur corps à un certain niveau : les crocodiles sont en effet poïkilothermes, c’est-à-dire que leur température varie selon celle de leur environnement.
Leur appareil digestif est également étonnant : l’acidité de leur estomac leur permet de digérer tous les os qu’ils avalent et les 2/3 de l’énergie contenue dans leur nourriture sont stockés sous forme de graisse. Ces caractéristiques permettent aux crocodiles de survivre longtemps sans nourriture.
 
Au zoo, quand vient l’heure du repas, nos crocodiliens sont aux aguets, prêts à engloutir les carcasses ou les poissons distribués par le soigneur. L’excitation liée à l’arrivée de la nourriture les incite parfois à jaillir hors de l’eau, la prudence est donc de mise. Les plus grands crocodiles sont capables de sauter à plus d’1,50 m au-dessus de l’eau pour saisir des proies !
S’il est évidemment essentiel de leur donner suffisamment à manger afin qu’ils grandissent normalement, à l’inverse, la suralimentation peut entraîner leur obésité et les pathologies associées.
 
Notre couple de crocodiles du Nil reçoit une dizaine de carcasses de poulet une fois par semaine, tandis que notre femelle faux gavial est exclusivement nourrie avec des gardons (poissons d’eau douce) 2 fois par semaine, son museau allongé étant en effet particulièrement adapté à ce type de nourriture.

F. Perroux