Des nouvelles des manchots du Cap


Début janvier, la colonie de manchot du Cap du zoo a accueilli un nouveau poussin. Mais, et le fait est suffisamment rare pour être signalé, celui-ci n'a pas éclos dans l'un des terriers abritant généralement les pontes des adultes, mais dans une légère excavation située à l'air libre. La météo n'ayant pas été des plus favorables en ce début d'année, le nid a été protégé des intempéries avec un contreplaqué afin d'éviter tout risque d'inondation du trou. Le poussin, désormais âgé d'un mois, est en bonne forme et grandit à vue d'oeil.

 

 

Du côté de l'Afrique du Sud, qui abrite l'essentiel de la population sauvage de manchots du Cap, la SANCCOB (Fondation Sud-Africaine de Conservation des Oiseaux Côtiers) poursuit son travail de conservation avec toujours autant d'énergie et beaucoup de dévouement. Depuis novembre 2012, 332 poussins ont été récupérés dans les colonies après avoir été abandonnés par leurs parents, entrés en mue. 88 d'entre eux sont malheureusement décédés après quelques jours ou quelques semaines, leur situation sanitaire à leur arrivée au centre étant déjà trop dégradée, mais 17 ont relâchés. 227 jeunes font encore l'objet de soins au centre de réhabilitation et devraient à leur tour être relâchés dans les semaines et mois à venir.

Au cours de l'année 2012, 6 émetteurs ont à nouveau été déployés sur des jeunes afin de suivre leurs déplacements en mer : trois d'entre eux ont été équipés avant leur dispersion de la colonie, les trois autres ont été élevés à la main par la SANCCOB et équipés d'émetteurs avant d'être relâchés. En 2011, les 5 manchots qui avaient fait l'objet d'un suivi par satellite avaient parcouru une distance moyenne de 1023 km depuis leur point de départ et 3 individus sont remontés jusqu'aux côtes namibiennes. En 2012, la moyenne était de 734 km et un seul manchot sur les 6 a atteint la Namibie. Après comparaison des données, la différence de distance parcourue entre les poussins élevés à la main et les poussins sauvages n'est pas significative. L'objectif est évidemment de poursuivre ce suivi satellite afin de définir les aires d'alimentation importantes et les stratégies de dispersion des jeunes manchots dans les premiers mois qui suivent leur départ de la colonie. En 2013, des émetteurs devraient être déployés simultanément sur des jeunes issus des 7 colonies les plus grandes (regroupant plus de 800 couples) afin de comparer leurs déplacements en fonction de leur lieu d'origine. Le Zoo de La Palmyre continue d'apporter son soutien financier à ce programme. Rappelons que l'espèce est classé "en danger" sur la Liste Rouge de l'UICN et que ses effectifs ne cessent de décroître à cause de la pénurie des ressources alimentaires, de la pollution pétrolière et de la pression humaine grandissante à proximité de leurs zones de nidification.

Texte & photo : F.Perroux - Zoo de la Palmyre